Le genre théâtral en général et le répertoire classique en particulier peuvent paraître rébarbatifs au plus grand nombre: Le spectacle vivant semble réservé à une catégorie d’initiés qui seule en possède les clés et les codes de compréhension. A fortiori, les jeunes lui reprochent souvent son manque de modernité, une manière de parler trop appuyée, vieillotte et la plupart ne se rendront dans un théâtre que dans le cadre de sorties scolaires obligatoires pour voir et revoir « le bourgeois gentilhomme » ou « les fourberies de Scapin ». Certes, le théâtre demande une préparation, il paraît beaucoup moins accessible qu’un blockbuster mainstream; il appelle à la réflexion, à l’introspection, à la profondeur mais pour peu qu’on accepte de se laisser prendre au jeu, que l’on comprenne, surtout, le projet du dramaturge, du metteur en scène alors là …on accède à une expérience humaine sans commune mesure avec l’offre de l’ « entertainment »!!….Voici 3 raisons de vous réconcilier avec l’art du spectacle vivant :

 

« Il arrive quelque chose sur la scène de théâtre, comme si c’était vrai… »

 

Le théâtre est aussi l’art du « mentir vrai ». Il crée une relation particulière et unique avec le public : celui vient assister à la représentation d’une histoire fictive née de l’imagination d’un dramaturge et qui a donc toutes les caractéristiques d’ un « mensonge  »: Les acteurs récitent un texte, le décor est en carton pâte l’issue de la pièce ne varie jamais ….Comment dans ces conditions faire « comme si c’était vrai » ? pour citer Claudel . Et bien c’est que représentation transporte en fait une vérité qui s’approche davantage de la réalité que la reproduction apparemment directe et immédiate du réel à l’état brut: clairement, l’art théâtral consiste à mettre la nature humaine, ses faux fuyants, ses contradictions ses non-dits sous le feu de la rampe,  à éclairer pleins-feux ce qui passerait inaperçu sans la médiation du jeu des acteurs . L’homme vient au théâtre pour se contempler à travers ses semblables; c’est ce que l’on nomme l’effet miroir.

 

Le théâtre, c’est un rapport entre l’écrit et le corps.

 

C’est le jeu entre la pureté et la musicalité de l’écriture d’une pièce de Racine par exemple et la gestuelle des acteurs qui l’interprètent aujourd’hui,  au XXIème siècle; en jouant le texte , les comédiens tentent d’en restituer et d’en respecter l’émotion initiale imaginée par le dramaturge . Laissons parler Daniel Mesguich, metteur en scène : « Si une actrice jouant Hermione pleure , il y a là je trouve quelque chose de fantastique car le texte a été écrit il y a trois cents ans mais même mentalement il y a des millénaires. …La trace écrite dans le marbre, le texte rejoint cette larme qui est précisément d’aujourd’hui à telle heure, à tel moment .Le mélange de ce texte et de ces larmes, cette larme qui va couler sur le marbre du texte d’Hermione, c’est ça le théâtre ! ».

 

 

 

Le théâtre, c’est une expérience collective.

 

Aller au théâtre, c’est se retrouver dans une salle, devant des acteurs, dans un processus collectif. Il se passe une interaction entre la scène où officient les comédiens et le public qui manifeste son contentement ou au contraire qui se montre distant et sans réaction. Michel Galabru affirme dans une interwiew que « si le public est bon alors l’acteur sera bon » et selon Fabrice Lucchini   « les spectateurs ne viennent pas  regarder jouer l’acteur , ils viennent jouer avec lui:  ils sont donc  actants de la soirée ». C’est dire combien le théâtre est une expérience de partage.

 

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