DEFINITION DE LA VERITE

 

Etymologiquement de « veritas » (verus ) en latin : ce qui est établi de manière authentique . Pour en donner une définition plus complète on peut dire que la vérité correspond à l’adéquation entre la chose et l’esprit (représentation conforme au réel avec des critères permettant de garantir cette objectivité).

Concept de VERITE :

  • universelle (en tout temps, en tout lieu , s’oppose à l’opinion)
  • nécessaire  (ne peut pas ne pas être, s’oppose à contingente)
  • générale (s’oppose à particulière)
  • absolue (sans conditions, s’oppose à relative).

 

PROBLEMATIQUES:

 

La quête de la VERITE est elle illusoire ou accessible ?Si on peut l’atteindre,  selon quels critères  et à quelles conditions? A quelles VERITE l’homme peut -il prétendre?

 

THEORIE ET EXPERIENCE:

 

Einstein

 

 

Il s’agit dans un premier temps de trouver le moyen le plus objectif d’atteindre la Vérité;

Il fait d’abord faire la distinction entre Vérité de raison et Vérité de fait (Hume « Enquête  sur l’entendement humain » 1748)

Vérité de raison = 2+2=4 / Vérité de fait : Par exemple , quand je regarde par la fenêtre je constate qu’il neige dehors ; tout le monde peut le constater avec moi.

Les sciences exactes ou  » dures »  basées sur la   démonstration d’un raisonnement  progressif  et logique correspondent depuis Euclide à un moyen  universel d’accès à la Vérité.

La démonstration (montrer à partir de …) est discursive c’est à dire qu’elle ne passe que par le raisonnement et n’a pas besoin de l’expérience pour être validée.

En conséquence, les mathématiques  , la géométrie ont pour fondement , pour base, pour point de départ des  théories (du grec « theorein » contempler « vues de l’esprit » selon Aristote) édifice intellectuel coupé de la réalité  qui détermine un ensemble de conceptions d’idées et de lois). Le raisonnement demeure alors dans un système fermé purement spéculatif.

Or,  lorsqu’il s’agit d’établir  un raisonnement portant sur le réel  comme les sciences naturelles ,  il devient  nécessaire de  sortir de la pure construction intellectuelle abstraite afin de combiner les IDEES ( théories) et les FAITS (expériences qui mettent le sujet en relation avec la réalité).

En clair,  pour définir  les lois qui gouvernent le réel, il faut les soumettre à l’expérience c’est ce qu’on appelle l’expérimentation.

Donc, l’expérience serait supérieure à la théorie  pour approcher un  réel rationnel (qui est censé obéir à des lois).

 

PETIT RAPPEL RATIONNALISTES / EMPIRISTES

 

les rationnalistes

Platon, Descartes,  Leibniz considèrent que le réel obéit à des lois  que l’on peut découvrir  en se basant sur l’Entendement (la raison). Descartes  prouve que nos sens ne nous donnent jamais la connaissance complète d’un objet; il  prend l’exemple d’un morceau de cire  dont la consistance apparaît dure entre mes doigts mais dont l’aspect devient liquide si je l’approche d’une flamme « Pourtant, nous savons bien que c’est de la même cire qu’il s’agit. Il est donc évident que, pour avoir une connaissance « claire et distincte » de la cire, nous ne pourrons pas nous appuyer sur de simples impressions sensibles. Il faudra, par le raisonnement, dégager les éléments constitutifs qui se retrouvent à l’identique dans tous les états de la cire et dans tous les morceaux de cire ». c’est bien ma raison qui définit l’idée de cire en sachant qu’elle peut prendre différents aspects  ( solide ou liquide)  changeants  en fonction des  conditions auxquelles cette cire est soumise et de  la perception que j’en ai) .

 

Les empiristes

Hume

 

Hume, Locke considèrent à contrario, l‘expérience  comme la seule  source de  connaissance pour approcher la vérité; Selon les empiristes, l’expérience précède la raison dans notre compréhension du monde Nous « savons » que le soleil se lève chaque matin car nous en avons  l’ habitude . L’idée de » cause viendrait toujours de l‘expérience que l’on aurait de voir certaines choses se succéder dans le même ordre . Il n’existe pas de générations spontanées !

 

LA DEMONSTRATION ET SES LIMITES

 

La démonstration repose sur une hypothèse

 

Prenons le fameux syllogisme (raisonnement par déduction) d’Aristote dans  » l’Organon »:

Tous les hommes sont mortels (prémisse majeure) or Socrate est un homme (prémisse mineure ) donc Socrate est mortel (conclusion);

si je change l’adjectif de départ « mortel  » en  » blond  » par exemple pour valider ma proposition , j’obtiens:

Tous les hommes sont blonds or Socrate est un homme donc Socrate est blond! On voit que l’on aboutit à un paralogisme c’est à dire vérité formelle mais non matérielle.

il faut donc formuler le syllogisme de cette façon pour en conserver la cohérence:

Si tous les hommes sont blonds et que Socrate est un  homme donc Socrate est blond.

On constate que toute démonstration repose sur une hypothèse (simple supposition appartenant au domaine du probable)  de même ….

 

Les mathématiques reposent sur un système Hypothético-déductif

 

En effet la démonstration mathématique prend pour point de départ une définition, un axiome ou un postulat.

L’axiome est une proposition non démontrée en raison de l‘évidence (idée innée ou principe premier)  de sa vérité exemple « le tout est supérieur ou égal à ses parties » .

Le postulat est une proposition que l’on demande d’admettre sans se prononcer sur sa vérité.

La démonstration assure avec certitude que les résultats auxquels elle parvient sont vrais , les connaissances obtenues ne sont pas des vérités absolues mais relatives aux conditions dans lesquelles s’effectue la démonstration ( axiome et postulat sont des propositions non démontrées. Donc le raisonnement mathématique s’appuie sur des principes que la démonstration ne démontre pas forcément au départ mais qu’elle admet comme vrais. Il faudrait remonter à l’infini pour prouver sans arrêt mon principe de départ qui s’appuie lui aussi sur un principe qu’il faut prouver etc..; En conséquence on peut dire que ces systèmes déductifs reposent davantage sur une postulatique que sur  une axiomatique .

 

Partir de l’expérience

 

Les sciences naturelles sortent d’un cadre purement théorique car elles ont besoin de connaître les lois qui gouvernent le réel  pour faire avancer la recherche scientifique et pour cela il s’agit de soumettre les faits à l’expérience par l‘expérimentation .

Claude Bernard, physiologiste français explique dans « L’introduction à l’étude de la médecine expérimentale » (1865) sa méthode: Il procède dans un premier temps par une  collecte et observation   des données , pour ensuite , émettre une hypothèse qu’il mettra finalement à l’épreuve pour en valider les résultats.

Pour Karl Popper  (philosophe qui a longuement travaillé sur la différenciation entre la science et les savoirs qui ne peuvent prétendre au qualificatif de scientifique) il s’agit d’aller plus loin que la simple  recherche de la confirmation/validation définitive d’un résultat   .  Au contraire il faut   chercher systématiquement à   réfuter   ce que l’on considère comme vrai sur le plan scientifique à un moment donné , pour en tester  la résistance, la falsifiabilité. En clair, une connaissance sera considérée comme  » non fausse » et pas comme vraie jusqu’à preuve du contraire puisque la science  n’avance depuis son origine que par rupture et révolution. Nos connaissances actuelles  de l’univers (Big Bang, trou noir) n’ont plus rien à voir avec la vision  géocentrique d’un Ptolémée….

 

 LA VERITE EN DEHORS DES SCIENCES DURES

 

Interpréter:

C’est chercher la signification de signes ambigus. Aller du signifiant , au signifié du manifeste au latent  (le psychanalyste , le critique d’art , le médecin qui émet un diagnostic )   Interpréter  c’est s’appuyer sur le langage (comme système symbolique tels que la communication mais aussi la musique ou  la peinture) A contrario, le langage de la science annule les risques d’interprétation et donc de désaccord  car on n’ a pas à interpréter une équation mathématique, une formule chimique : l’interprétation suppose  une  liberté de choix .De même  l’historien interprète des faits , même si son approche s’appuie sur une démarche scientifique et déontologique ( étude comparative d’archives , de documents d’époque , fouilles archéologiques…) Celui qui est chargé de travailler sur le passé humain ne peut totalement se départir d’une certaine subjectivité , sur l’ objet d’étude qu’il traite, le choix d’une période historique particulière …. (Il faut avoir en tête  l’appartenance politique d’Albert Soboul ou de François  Furet pour comprendre leur interprétation différente de la révolution française).

Il faut distinguer les sciences dures qui répondent à la question pourquoi ? (Elles expliquent)  et les sciences molles ou douces (les sciences humaines qui visent la compréhension) qui , elles , répondent à la question comment ?

 

Argumenter:

C’est chercher à étayer une thèse par des arguments dont la pertinence et le caractère probant voire irréfutable   peuvent paraître difficiles à hiérarchiser : Si l’on se réfère au débat sur le mariage homosexuel , entre les arguments qui   défendent  un modèle  d’union entre un homme et une femme   lié aux » lois biologiques » d’appariement et de procréation  et le respect de l’orientation sexuelle de chacun  et de l’égalité républicaine dans la société; Il apparaît clairement que chaque partie présente des arguments défendables et pour lesquels il s’avère difficile de trancher de  manière équitable et juste . En fait,  Il s’agit plus ici d’obtenir un consensus par le débat dialectique que d’atteindre une Vérité Absolue.

 

LA VERITE; ECUEILS A EVITER

 

 

  • L’erreur (se tromper involontairement par précipitation ou préjugés)
  • L’illusion  (prendre ses rêves pour des réalités . Lorsque l’on  souhaite que le réel s’adapte à ses désirs)
  • le mensonge (volonté de tromper autrui)

 

  • Le relativisme: mouvement de pensée qui traverse les siècles depuis l’Antiquité gréco-romaine , pour désigner un ensemble de doctrines variées qui ont pour point commun de défendre la thèse selon laquelle le sens et la valeur des croyances et des comportements humains n’ont pas de références absolues qui seraient transcendantes.
  • le scepticisme: (du grec skeptikos, « qui examine ») est une méthode d’examen et une école philosophique selon laquelle il semble que rien n’est vrai, pas même cette conjecture.
  • le dogmatisme: est un courant de pensée – notamment dans le domaine de la philosophie ou de la politique – supposant la possibilité d’une connaissance vraie intangible ou d’une « vérité » décisive, universelle, immuable et incontestable.
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