Lourd constat:  En raison du stress continu provoqué par les notes,  les classements, l’idéologie de la performance insufflée dès le début de la scolarisation : 47 % des adolescents se diraient sous pression et principalement dans les milieux aisés et intellectuels . En effet, pour viser l’excellence qui permet d’intégrer les écoles ou les prépas les plus prestigieuses, il faut être préparé dans les meilleures conditions et le plus tôt possible ! Ce qui signifie souvent  pour les parents de faire le choix d’un établissement privé, gage de sérieux et voie royale vers la réussite . .En contrepartie ces jeunes se voient soumis à un emploi du temps surchargé par les nombreuses heures de soutien supplémentaires , les séances de coaching d’orientation, les stages de remise à niveau de prérentrée ou de vacances…Je suis directement concernée par ce phénomène en tant que professeur indépendant ayant pour clientèle les rejetons des catégories CSP + qui font appel à mes services pour optimiser leurs performances  à l’école . Au delà du simple constat d’une souffrance psychologique latente mais bien réelle  que faire pour  éviter le burn-out?

 

Souffrance et isolement de la jeunesse dorée

 

 

 

Je crois que c’est la lecture d’un passage de l’œuvre d’un ancien proviseur des quartiers sensibles de Marseille qui m’a fait prendre conscience d’un phénomène qui m’avait peut être totalement  échappé jusqu’alors: La dépression adolescente des beaux quartiers !  Dans « Principal de collège ou  iman de la république »  Bernard  Ravet raconte son expérience en qualité de proviseur en  fin de carrière dans un établissement huppé marseillais : « j’allais en revanche découvrir ,sur le tard un mal inédit : la dépression adolescente . Les causes en étaient multiples et combinées et je me garderai d’en désigner une plus que l’autre .La pression familiale sur les performances scolaires .Le sentiment d’abandon quand les parents – ingénieurs, médecins, cadres supérieurs- rentrent tard laissant leurs enfants seuls sans nounou car ils les croient assez grands pour se prendre en charge. .L’isolement dans ce quartier de belles villas avec piscines où les jeunes vivent éloignés les uns des autres . Régulièrement les élèves disparaissaient pour plusieurs semaines et j’apprenais ensuite qu’ils avaient été hospitalisés en psychiatrie… »

 

La course à l’échalote

 

 

 

Alors bien sûr , ce témoignage doit être probablement relativisé mais il m’a renvoyé à mon expérience personnelle et à la discussion que j’avais eue avec un élève que j’accompagnais , scolarisé dans un des plus prestigieux établissement de Marseille et dont la devise était  » Réussir pour servir ! ».  J’avais été saisie par l’extrême lucidité de ce jeune qui m’expliquait à quel point il trouvait cette expression vide  de sens et hypocrite. En effet , il était confronté à la compétition quotidienne,  individuelle et obsessionnelle   entre pairs pour obtenir la première place.  l’idée  de » servir » après avoir acquis statut et  place  dans la société   pouvait correspondre à un « renvoi d’ascenseur » louable à destination des moins chanceux ou des moins doués ….Seulement, il  avait constaté que ce viser l’excellence et pratiquer la solidarité constituaient  des valeurs incompatibles , que mobiliser en permanence son énergie pour atteindre le premier rang rendait inéluctablement égoÏste et calculateur…..Enfin, les valeurs de partage et d’entraide qui animaient  ce garçon, , il les avait découvertes et mises en pratique dans le club de rugby de son quartier  où l’esprit d’équipe primait pour gagner le match…

 

 

Relâcher la pression!

 

Chacun fait ses choix et il est bien entendu difficile d’éradiquer la pression à la performance  d’autant qu’à moyenne dose elle autorise l’ambition et les rêves les plus fous pour son avenir. Et puis de toute façon, elle ne va pas cesser dans une société ou la peur du chômage et du déclassement social hantent une grande partie de la population. Mais, il paraît  important de prendre la mesure du phénomène et d’essayer  de minimiser l’enjeu pour les jeunes afin de ne pas tendre vers le modèle que connaissent  les  jeunes Japonais ou Coréens . On sait qu’un élève a d’autant plus de chance d’affronter la compétition scolaire ou post-bac qu’il est soutenu, etayé par un milieu familial stable et aimant d’autre part « Halte aux emplois du temps de ministre ! » Laissons leur le temps de ne rien faire , de rêvasser , de s’ ennuyer même  afin qu’ils puissent aussi construire un imaginaire sans chercher à combler tous les temps morts et enfin pensons à leur accorder des temps morts en famille où tous les sujets qui fâchent sont bannis … »Y a qu’à … » A vous de jouer…

 

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